Le Saint-Siège préoccupé par le prochain ambassadeur U.S.

Parlant sous couvert d’anonymat, un « responsable » du Saint-Siège, cité dans un communiqué du 18 janvier, a confié à l’agence catholique d’information Catholic News Agency les préoccupations du Vatican quant à la personnalité que l’administration Obama pourrait choisir comme ambassadeur auprès du Saint-Siège en remplacement de Miguel Diaz qui a, précocement, quitté son poste pour rejoindre une université américaine. « Si l’on en juge par les initiatives qu’a prises Obama au cours de l’année écoulé, il semble qu’il tente d’affaiblir l’influence de l’Église » . Au cœur des préoccupations romaines, le HHS Mandate condamné par tous les évêques américains soutenus fermement par le Saint-Siège. Le « responsable » du Saint-Siège précise publiquement, mais “diplomatiquement” la chose a déjà été signalée à la Maison Blanche, qu’il serait « contraire aux usages diplomatiques » de nommer un ambassadeur qui aurait exprimé des opinions « opposées aux institutions du pays où il est envoyé. Le choix d’une personne franchement critique de l’Église serait un faux pas malencontreux » . Le « responsable » fait sans nul doute allusion aux noms qui ont assez largement circulé ces tout derniers mois, notamment ceux Stephen F. Schneck et Nicholas P. Cafardi , dont le Saint-Siège indique ainsi et indirectement qu’ils ne seraient pas des choix appropriés…

Schneck est le directeur de l’ Institute for Policy Research and Catholic Studies de la Catholic University of America (Washington D.C.) et ancien président du département d’Études politiques de cette université. Il est membre des Democrats for Life (ce qui est un bon point) mais aussi des Catholics in Alliance for the Common Good (ce qui en est un mauvais) une association plusieurs fois critiquée par les évêques américains pour entretenir une confusion sur la hiérarchie des valeurs morales en mettant sur le même plan l’avortement (point non négociable) et l’environnement. Schneck s’est montré également au printemps dernier très critique envers les Knights of Columbus , dénonçant comme « scandaleuse » , « ridicule » et « dangereuse » la position de défense frontale des Knights of Columbus contre les attaques de l’administration américaine envers l’Église catholique et la liberté religieuse : « il n’y a pas de persécution contre les catholiques aux États-Unis » a-t-il affirmé… Le Vatican, est-il besoin de le prciser ?, a une position diamétralement opposée et sur les Knights of Columbus et sur les attaques contre l’Église et la liberté religieuse.

Cafardi , ancien doyen de la faculté de droit de la Duquesne University et ancien président du comité des évêques américains pour la protection des enfants et de la jeunesse, le U.S. bishops’ National Review Board for the Protection of Children and Youth , est un ferme soutien depuis 2008 d’ Obama malgré la position de ce dernier sur l’avortement. « Je pense que nous avons perdu la bataille de l’avortement, définitivement » a-t-il eu le front de soutenir, ce qui lui a valu de nombreuses critiques dans les milieux universitaire et ecclésiastiques catholiques.

Schneck et Cafardi sont tous deux de fermes soutiens du HHS Mandate et de Kathleen Sebelius , ministre “catholique” de la Santé. Ils n’ont pas craint cosigner en 2009 une lettre ouverte la qualifiant de « femme d’une foi profonde »

D’autres noms d’éventuels candidats au poste d’ambassadeur ont circulé dans la presse, mais le Saint-Siège vient de faire savoir qu’en tout cas les deux que j’ai signalés ne seraient pas persona grata au Vatican.