Mgr Rey appelle à la résistance
Dans son dernier éditorial du mensuel diocésain Eglise de Fréjus-Toulon, Mgr Dominique Rey appelle à la résistance :
« La position morale et critique du chrétien aujourd’hui appelle une double attitude : d’abord une posture de résistance. Devenus minoritaires, les chrétiens doivent prendre conscience de leur identité, à la fois baptismale et communautaire. La personnalisation de la foi (pouvoir dire « je crois », en le justifiant par une expérience personnelle) va de pair avec sa dimension fraternelle et ecclésiale (un chrétien seul est un chrétien en danger). Il s’agit bien d’une résistance communautaire, d’abord spirituelle, mais aussi morale face à la multiplication des lois transgressives, mais également une résistance intellectuelle puisque la foi chrétienne conduit à honorer et à s’appuyer sur la raison humaine. A l’occasion du projet de loi sur l’homoparentalité, la résistance s’est organisée autour de l’arme du jeûne et de la prière, mais aussi de la raison lorsque l’Eglise a sollicité un vaste débat public sur ces questions. La résistance a aussi investi le continent numérique pour braver la police de la pensée véhiculée par les médias. Elle s’est enfin exprimée dans la rue le 13 janvier pour s’insurger de façon très paisible mais déterminée, face à l’autisme idéologique de ceux qui se prévalent du principe d’égalité des droits pour attenter au droit fondamental, à la justice dont ont besoin les plus faibles, par exemple pour un enfant de bénéficier d’un père et d’une mère. La démarche de résistance civique peut encore revendiquer l’exercice de la clause de conscience et de l’objection de conscience face à la corruption de la loi devenue inique puisqu’elle offense gravement les principes d’humanité. «
A côté de cette résistance, Mgr Rey encourage les catholiques à prophétiser par leur vie :
« La dictature du « relativisme » qu’évoque Benoît XVI, fait miroiter à l’individu, privé d’absolu, de repères et de boussole, la possibilité de refonder un monde artificiel, émancipé de l’ordre naturel, indifférencié (sexualité déconnectée de la sexuation), amnésique puisqu’amputée de ses racines et donc qui ne peut être que déshumanisé. C’est le rêve prométhéen de créer une humanité nouvelle que prédisaient George Orwell et Aldous Huxley. Face à cette révolution anthropologique, le christianisme doit investir sa visée prophétique : offrir à notre société un horizon ultime qui n’est pas sa propre déconstruction, mais le déploiement dans l’histoire d’un « patrimoine génétique » reçu en germe dès l’origine et auquel l’homme de raison a accès. « Experte en humanité », l’Eglise a pour tâche de porter de génération en génération le témoignage, la promesse et de signifier l’actualisation de ce monde nouveau, inauguré par le Christ. »
