Il faut que nous n’ayons pas de complexes à exprimer nos convictions

Interrogé dans Valeurs actuelles, Mgr Aillet déclare :

« Il faut que nous soyons fiers de notre identité, que nous n’ayons pas de complexes à exprimer nos convictions mais en gardant une attitude qui reste celle de l’humilité de la foi et de la charité. L’Église ne revendique pas pour elle-même, elle est au service de causes qui la dépassent : la liberté religieuse, les droits fondamentaux de la personne humaine, à commencer par les plus petits, elle revendique pour qu’un certain nombre de valeurs structurant la société ne soient pas menacées, comme dans ce projet de loi du mariage dit “pour tous”. L’Église n’a pas vocation à s’engager dans la bataille politique, elle intervient dans la politique de manière médiate à travers une réflexion rationnelle, parce qu’elle a quelque chose à dire sur la vie de l’homme et le bien commun de la société. D’abord parce que nous croyons en un Dieu qui a créé l’homme à son image. Donc Dieu a quelque chose à dire sur l’homme et sur ses relations sociales, puisqu’il a fait que l’homme est social par nature et par création — et donc notamment sur la famille et le mariage. C’est inscrit en particulier dans la Genèse : « Homme et femme il les créa », etc. En se faisant homme en Jésus-Christ, Dieu a assumé toute notre condition humaine. Comme dit le Concile, « le mystère de l’homme ne s’éclaire vraiment que dans le mystère du Verbe incarné. […] Le Christ […] manifeste pleinement l’homme à lui-même et lui révèle la sublimité de sa vocation » ( Gaudium et Spes ). Cela veut donc dire qu’il y a quelque chose de ce qu’est une personne humaine, non seulement en lui-même mais dans ses relations, qui fait partie intégrante de l’annonce de l’Évangile. »