Mgr Minnerath critique la décision de Benoît XVI

Coup de tonnerre dans l’unanimisme ambiant concernant la décision de Benoît XVI de renoncer au souverain pontificat. Monseigneur Roland Minnerath , archevêque de Dijon, affiche en effet une grosse différence de point de vue avec ses confrères. Et il ne se prive pas de le dire :

« Lorsque l’on est Pape, on assume jusqu’à la mort » !

Lundi, apprenant la décision de Benoît XVI, Monseigneur Minnerath n’a « pas voulu y croire ». Mercredi matin, il a accepté de s’exprimer. Et affirme son désaccord avec la décision du pape :

« Qu’est-ce-qui est important dans le Ministère d’un prêtre, d’un évêque ou du Pape, ses qualités intellectuelles ou le don qu’il fait de lui-même au Christ ? ». « Ce n’est pas ça qui porte du fruit, plus que tout le reste ? »

Il a comparé la décision de Benoît XVI avec l’attitude de Jean-Paul II :

« Il était très impotent les dernières années de sa vie mais il est resté jusqu’au bout » « il a donné par là un exemple de ‘rester fidèle à l’appel que j’ai reçu’ ».

Pour Mgr Minnerath, Benoît XVI « ne doit pas disqualifier le choix qu’on fait les autres de rester jusqu’au bout ». Car en effet, cette renonciation constitue une sorte de révolution :

« Si on introduit un critère d’efficacité, c’est tout à fait valable dans le Gouvernement des choses temporelles d’un chef d’Etat. Mais l’exercice de l’épiscopat ou du pontificat, c’est autre chose ! »

Quand on est Pape, cela revient à être « témoin, et on est témoin à tous les âges, que l’on soit en bon état ou fatigué ».

« quel va être son statut ? C’est du jamais vu ! ».

« Je prie pour lui, il a donné énormément de sa personne. Ainsi qu’un très beau témoignage de la doctrine de l’Eglise dans les temps qui sont les nôtres ».

Ce que Mgr Minnerath craint le plus, ce sont « les conséquences collatérales de ce type de décision ».

« je suis toujours hésitant quand je vois des changements pareils, introduits à la hâte ».