La réforme de la Curie : mission du prochain pape

C’est l’impression qui ressort après la lecture de l’entretien donné par le cardinal Philippe Barbarin au Parisien de ce jour. Mon confrère Daniel Hamiche s’étonnait de la suppression des points presse effectués par les cardinaux américains, à la demande du porte-parole du Saint-Siège le père Lombardi . La consigne ne semble pas concerner l’archevêque de Lyon, qui déclare dans son entretien que

« Le cardinal secrétaire d’Etat a fait un long exposé sur l’état de la curie. »

Et après avoir « dénoncé » ainsi le cardinal Bertone , il ose dire :

« En fait, on reste discret sur les noms de ceux qui s’expriment. Nous ne sommes pas tenus au secret absolu du conclave. Mais nous n’avons le droit de parler que des sujets évoqués, pas des personnes ni du contenu précis de leurs interventions. »

La curie semble néanmoins le sujet principal des cardinaux :

« Vous avez abordé le sujet de VatiLeaks…

Nous en avons parlé, mais comme Benoît XVI a dit que le rapport sur le sujet devra être remis dans les mains de son successeur, nous en avons eu les grandes lignes, mais pas tellement plus que ce que l’on a pu en lire dans les journaux. »

Autrement dit : c’est l’heureux élu qui aura la charge de lire ce rapport et d’y apporter les réponses adéquates. De là à dire que le pape Benoît XVI guide le vote des cardinaux électeurs en ayant donné implicitement cette mission à son successeur, il n’y a qu’un pas.

Le cardinal Barbarin confirme que le choix se portera vers un homme à poigne :

« c’est un chef d’Etat, donc il faut un homme de décision et de gouvernement. […] Jésus a dit à Pierre : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise ». On a besoin d’un bonhomme solide, pas en pierre friable, mais en pierre de taille. Capable de prendre les chocs, parce que c’est un métier difficile. »