Quelle mouche a pris Mgr Batut ?
Invité vendredi de l’ émission «Droit de citer» , sur RCF et TLM, l’évêque auxiliaire de Lyon, Mgr Jean-Pierre Batut a sacrifié à la mode de la place des femmes dans l’Eglise, oubliant un peu vite l’exemple donné par la Sainte Vierge, la Mère de Dieu. Ainsi, il a osé déclarer :
« On a relevé que dans les organismes du Saint Siège, il y a beaucoup moins de femmes que d’hommes. Il y a des femmes extrêmement compétentes… des théologiennes, des femmes qui ont toutes les compétences pour siéger dans les organismes du Saint-Siège même à un très haut niveau. Je ne vois pas pourquoi une femme ne pourrait pas être cardinal… C’est une fonction qui n’est pas nécessairement masculine. Etant entendu que dans la foi catholique on pense que Dieu a un dessein spécifique sur l’homme et sur la femme et que c’est la source même de leur complémentarité »
Sur cette lancée, Mgr Batut s’est également montré favorable à l’ordination de femme diacres :
« C’est une vraie question parce que le diaconat n’est pas un ordre sacerdotal donc pourquoi ne pas la soulever. On peut tout à fait le faire »
Est-ce une déclaration pour sacrifier à la journée de la femme ou une conviction profonde ? La place de la femme dans l’Eglise a pourtant été bien définie par les derniers papes. Jean-Paul II les désignait comme les sentinelles de l’Invisible. Ce n’est pas rien. Le rôle des femmes est certainement plus discret, et c’est ce qui plaît pas à notre monde qui les placarde sur les murs, dans les publicités, qui les utilise et les salit. Au Vatican, des femmes jouent un rôle non négligeable : il y a celles qui prient dans le silence, à l’intérieur des murs de la papauté, celles qui entourent le pape au quotidien, celles qui travaillent aux tâches domestiques indispensables. Pourquoi vouloir faire de la femme un homme-bis ?
En clôture du Concile Vatican II (LE concile, Le concile !), le pape Paul VI déclarait :
« L’Eglise est fière, vous le savez, d’avoir magnifié et libéré la femme, d’avoir fait resplendir au cours des siècles, dans la diversité des caractères, son égalité foncière avec l’homme. Mais l’heure vient, l’heure est venue, où la vocation de la femme s’accomplit en plénitude, l’heure où la femme acquiert dans la cité une influence, un rayonnement, un pouvoir jamais atteints jusqu’ici. C’est pourquoi, en ce moment où l’humanité connaît une si profonde mutation, les femmes imprégnées de l’esprit de l’Evangile peuvent tant pour aider l’humanité à ne pas déchoir.
Vous femmes, vous avez toujours en partage la garde du foyer, l’amour des sources, le sens des berceaux. Vous êtes présentes au mystère de la vie qui commence. Vous consolez dans le départ de la mort. Notre technique risque de devenir inhumaine. Réconciliez les hommes avec la vie. Et surtout veillez, nous vous en supplions, sur l’avenir de notre espèce. Retenez la main de l’homme qui, dans un moment de folie, tenterait de détruire la civilisation humaine. Epouses, mères de famille, premières éducatrices du genre humain dans le secret des foyers, transmettez à vos fils et à vos filles les traditions de vos pères, en même temps que vous les préparerez à l’insondable avenir. Souvenez-vous toujours qu’une mère appartient, par ses enfants à cet avenir qu’elle ne verra peut-être pas.
Et vous aussi, femmes solitaires, sachez bien que vous pouvez accomplir toute votre vocation de dévouement. La société vous appelle de toutes parts. Et les familles même ne peuvent vivre sans le secours de ceux qui n’ont pas de famille. Vous surtout, vierges consacrées, dans un monde où l’égoïsme et la recherche du plaisir voudraient faire la loi, soyez les gardiennes de la pureté, du désintéressement, de la piété. Jésus, qui a donné à l’amour conjugal toute sa plénitude, a exalté aussi le renoncement à cet amour humain, quand il est fait pour l’Amour infini et pour le service de tous. Femmes dans l’épreuve, enfin, qui vous tenez toutes droites sous la croix à l’image de Marie, vous qui, si souvent dans l’histoire, avez donné aux hommes la force de lutter jusqu’au bout, de témoigner jusqu’au martyre, aidez-les encore une fois à garder l’audace des grandes entreprises, en même temps que la patience et le sens des humbles commencements.
Femmes, ô vous qui savez rendre la vérité douce, tendre, accessible, attachez-vous à faire pénétrer l’esprit de ce Concile dans les institutions, les écoles, les foyers, dans la vie de chaque jour. Femmes de tout l’univers, chrétiennes ou incroyantes, vous à qui la vie est confiée en ce moment si grave de l’histoire, à vous de’ sauver la paix du monde! »
