Pape : « une demi-douzaine de candidats plausibles »

Interrogé par l’ AFP , alors que les cardinaux américains ont été priés de ne plus faire de déclaration à la presse, le cardina l André Vingt-Trois dresse le portrait robot du pape qu’il compte élire :

« Il devra être très enraciné dans la foi, un homme de piété qui ait une bonne ouverture théologique et soit capable de comprendre, au moins d’accueillir, les expressions culturelles autres que la sienne. Il faut aussi que ce soit un homme de dialogue qui sache écouter et faire travailler ensemble des gens différents. Il devra être polyglotte. Dans un système de globalisation culturelle, on assiste à la revendication de particularismes régionaux et parfois à un durcissement de ces particularismes : il faut donc une Église, source principale, organisation qui unit, symbole d’union mondiale. Le travail que nous faisons aura un effet clarificateur entre des personnalités qui se dessinent et tranchent, d’autres qui disparaissent, finalement. Il y a au moins une demi-douzaine de candidats plausibles. Il n’y a pas (parmi les cardinaux) deux camps progressiste et conservateur : c’est le problème de ceux qui les voient. C’est une grille politique de lecture simple, pour ne pas dire simpliste, qui permet de verser un jugement moral, c’est-à-dire pharisien, en fonction d’une vision abandonnée il y a plusieurs dizaines d’années par les marxistes sur le sens de l’histoire. Nous avons une conviction permanente du réformisme dans l’Église, nous appelons constamment ses membres à la conversion. Je ne suis pas sûr que les fidèles attendent une réforme particulière. On entend toujours les mêmes thèmes récurrents qui sont plus le fait de groupes de réflexion et d’influence et qui sont des questions réelles. Ça ne veut pas dire qu’on doit élire un pape pour telle ou telle réforme. »