À Rome, dimanche, deux “papables” célébraient la messe…

Selon les gazettes, il serait hautement probable que les deux cardinaux qui obtiendront le plus de voix dans les premiers scrutins de la Sixtine seraient les cardinaux Scola et Scherer. Ce que ne savent pas les gazettes, c’est ce qui se passera ensuite.

Les deux cardinaux, qui lisent les gazettes, savent ce qu’elles disent. Mais les deux cardinaux, eux, ne disent rien. Ils fuient non seulement toute déclaration, mais même la moindre petite phrase, un mot même, qui pourrait être entendu un gazetier aux aguets.

En revanche, ils disent la messe chaque jour. Il ne faut pas oublier que c’est l’évêque de Rome que l’on va élire et qu’un évêque, celui-là surtout, se définit tout spécialement dans la liturgie, surtout la liturgie pontificale. Chaque jour, la semaine dernière, l’un et l’autre ont célébré, l’un au Collège Lombard, l’autre au collège Pio Brasiliano, en privé. Mais dimanche, le 4 ème de Carême, ils ont célébré en public, chacun dans l’église de son « titre » cardinalice. Or, s’il y a bien un domaine ou « le style, c’est l’homme », c’est bien celui-là.

Angelo Scola a célébré dans la Basilique des Saints-Apôtres, en toute transparence (les caméras étaient admises). Il faut dire que Scola n’est pas Ratzinger et ne porte pas la même attention que lui aux choses de la liturgie. Mais il célèbre tout naturellement comme un prélat italien de bon style. Liturgie solennelle, ornements de qualité, sermon bref et bien senti.

Odilo Scherer disait la messe à Saint-André-du-Quirinal. C’était une de ces liturgies sentimentalo-intimistes, comme les progressistes italiens les adorent, avec les chants de quatre étudiants jésuites de service, ornements médiocres, bavardage banal, ambiance à saveur San Egidio. Et bien entendu l’inévitable guitare !

Inutile de dire que les cérémoniaires pontificaux de Benoît XVI se sont fait rapporter le détail des deux cérémonies. Inutile de préciser que Mgr Guido Marini en a conclu que, dans la première “hypothèse”, il continuera la « continuité » ratzinguérienne dans les liturgies papales, et que, dans la seconde, il lui faudra boucler prestement ses valises.