Ne dîtes pas qu’ils sont catholiques !

Extrait de l’entretien du cardinal André Vingt-Trois sur Radio Notre-Dame, le 29 mars 2013, au sujet de la manifestation du 24 mars à Paris.

RND : Quel regard posez-vous sur la mobilisation qui a eu lieu la semaine dernière ? On a l’impression qu’il y a clivage dans notre société ?

AVT : … c’est une réalité ! La question à laquelle on est confronté, c’est de ne pas sous-estimer ce clivage. Quand le Premier Ministre dit que les organisateurs ont été débordés, on peut dire que la Préfecture de Police aussi a sous-estimé la participation. Les organisateurs, au contraire, avait annoncé une participation très forte. La Préfecture disait : il y aura 100 000 personnes ! Ce ne sont pas les organisateurs qui ont sous-estimé la manifestation.

Si j’insiste sur la sous-estimation de la manifestation, ce n’est pas pour faire de la polémique sur les chiffres, c’est parce que cette sous-estimation reflète la difficulté d’un certain nombre de personnes à apprécier l’importance de la résistance au projet de loi. Ce n’est pas la manifestation qui est importante, c’est la résistance dont la manifestation est le symbole.

Et je pense que c’est une erreur d’appréciation grave de penser qu’il s’agit là d’une réaction confessionnelle, religieuse, et qui ne reflète pas la diversité de la société française. Je pense que les gens qui ont manifesté reflètent la diversité de la société française, avec des accents plus importants chez les uns ou les autres. Mais il ne faut pas dire que ce sont des « cathos réac » qui sont les manifestants. Cela n’est pas vrai. C’est vraiment un reflet d’une société française qui a estimé qu’elle n’était pas entendue dans sa résistance et dans son opposition à ce projet de loi. Je pense qu’il faudrait lui donner au moins le signe qu’on ne méprise pas ce qui a été vécu et ce qui a été dit (…). »