Le piège tendu à l’Église : enfermer le discours chrétien dans les églises

Interrogé par Paix Liturgique , le père Michel Viot, prêtre du diocèse de Blois, ancien franc-maçon et pasteur Luthérien, déclare :

« Je crains d’entendre dans vos propos une critique contre les évêques. Ayant occupé chez les luthériens des fonctions similaires à celles d’évêque, je voudrais vous appeler à prier pour nos évêques, c’est bien plus fructueux que de les critiquer. Le ministère épiscopal est un ministère d’unité dans la charité. Or, c’est bien souvent une tâche difficile que d’être évêque en raison de la variété du presbyterium. Les fidèles n’imaginent pas toujours les trésors de patience et de pédagogie, si ce n’est de diplomatie, que les évêques doivent déployer pour engager et maintenir les équipes diocésaines dans une même dynamique.

S’il est vrai que sur le plan liturgique il y a encore du chemin à faire, nous assistons en revanche ces dernières années à une réaffirmation de la parole publique de nos évêques. Le scandale du mariage homosexuel en est une illustration réjouissante. Les évêques se font entendre et c’est très bien.

Je comprends que les excès de certaines prises de paroles de type soixante-huitard dans l’Église aient pu déclencher une allergie chez de nombreux catholiques pour ce qui touche les choses du monde. Certains ont donc tendance à se réfugier dans le spirituel pour échapper à la corruption qui nous entoure et qui pénètre parfois jusqu’au sein de l’Église. Mais c’est un piège tendu à l’Église, une impasse voulue par les tenants des Lumières, responsables d’un laïcisme qui veut enfermer le discours chrétien dans les églises et les sacristies ! C’est sur la Terre que se prépare la Cité de Dieu et il appartient à nos évêques de nous y préparer par la sanctification. En se prononçant à l’unisson sur ce qui touche à l’essentiel de la vie humaine, nos évêques illustrent l’actualité éternelle de la parole du Christ, pour nous mais aussi pour ceux qui sont éloignés de Lui. »