Lettre à Monseigneur Dagens

Suite à la tribune de l’évêque d’Angoulême dans La Croix, un internaute écrit :

« […] Quand on lit entre les lignes on distingue que vous vous en prenez à certains catholiques, qui auraient, selon vous ,une lecture uniquement politique de la situation. Courez-vous après des catholiques qui, selon vous, s’égarent ou courez-vous derrière ceux qui ont déjà pris la tangente à cause de ces fameux méchants catholiques ? […]

Non, je ne suis pas pour un catholicisme intransigeant, mais pour que l’on soit catholique, tout simplement. Notre époque a perdu le sens de l’exigence ainsi que toutes références au bon sens. Nos politiciens qui votent des lois détruisant la famille et la vie contribuent à l’expansion de la culture de mort tant dénoncée par l’enseignement de l’Eglise. Il s’agit de structure de péché, Monseigneur, ces réalités qui ne peuvent nous conduire qu’au péché et à des actions qui contribuent à notre perte individuelle et collective.

Non nous ne voulons pas d’un christianisme triomphant, nous voulons vivre l’Evangile. Nous voulons simplement pouvoir cheminer ensemble au sein de l’Eglise vers le Christ Ressuscité.

Quand nous manifestons contre le projet de loi de mariage homosexuel, nous ne faisons, à mon sens, que répondre à notre devoir de baptisés qui est de préserver le bien commun contre les attaques incessantes d’une partie de l’opinion étant sous l’influence de doctrine mensongères, perverses et anti-chrétiennes, aussi sous l’influence des lobbys LGBT et francs-maçons qui souhaitent réduire à néant l’influence de la famille et celle de l’Eglise.

Vous avez l’air dans votre tribune de regretter ce mouvement. Peut-être souhaitez-vous l’arrivée du mariage homosexuel dans notre pays ? A titre personnel, ce n’est pas ma conception, et ce n’est pas ce que j’ai entendu du message du Pape François ou de ses prédécesseurs. Oui nous regrettons tous que notre société ait perdu ses repères et ses valeurs. Nous devons résister contre cette érosion et contre ce naufrage annoncé de notre civilisation. Résister n’est pas avoir une vision politique mais juste un sens des responsabilités dans un monde qui ne sait plus où il va.

Vous nous invitez à être nous même, heureux êtes-vous pour cet appel plein de sagesse et de bon sens ! Mais avez-vous seulement réfléchi à ce que cela peut vouloir dire d’être soi-même dans ce monde ? Sans cesse le Christ nous appelle à l’exigence de Vérité pour nous même mais aussi pour le monde. Notre devoir de baptisés est de porter ce message exigeant vers nos frères et sœurs qui vivent dans ce monde et qui ne connaissent pas Dieu.

Bien entendu, notre discours est à adapter en fonction des circonstances et des personnes car chacun est différent et chacun a besoin de se sentir unique dans notre discours. Nous devons aimer tous ceux que le Seigneur met sur notre route, mais ne croyez-vous pas que nous leurs devons la Vérité et l’exigence ?

Excellence, vous appelez au réalisme, mais êtes-vous réaliste ? A mon sens vous ne l’êtes pas ! A ce jour quels sont les mouvements dans l’Eglise qui fonctionnent ? Quels sont les diocèses qui ont des vocations ? Ce sont ceux qui n’hésitent pas à faire preuve de Vérité, de fermeté et d’exigence. C’est aussi cela la civilisation de l’Amour, ce n’est pas une citadelle de bisounours , « où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » mais la Jérusalem Céleste où le Christ attend son peuple, pour une louange éternelle. Peuple à qui il demandera des comptes. Dans l’Apocalypse le Seigneur ne dit-t-il pas « je vomis les tièdes » (Apocalypse 3,15-16) ?

Que cherchons-nous ? Un repli identitaire ? Aucunement. Nous voulons vivre notre foi, vivre de notre foi et rayonner autour de nous. Mais nous ne pourrons le faire que si nous sommes entraînés vers le haut.

Le Cardinal Vingt-Trois dans son discours d’ouverture de l’Assemblée de printemps des évêques de France nous a enjoints à passer des paroles aux actes, à donner notre témoignage de vie. Mais pour donner un témoignage de vie authentique il faut être en mesure de vivre pleinement notre foi et ce que l’Eglise propose comme chemin de vie. Oui recentrons nous sur l’essentiel de notre foi mais nous ne pouvons voir notre société partir sur le sentier de la perte alors que nous y vivons et nos enfants y grandissent, alors nous devons nous mobiliser et dire notre conviction.

En signant votre tribune, j’ai le sentiment que vous donnez à ceux qui nous combattent les armes pour nous achever en montrant que le relativisme est entré dans l’Eglise. Non, notre foi est toujours la même dans le Christ Sauveur, lumière des Nations et Prince de Paix. Excellence, j’ai choisi la Vie contre la culture de mort et la Vérité contre les structures de péché ! Comme chaque jour je prierai pour vous et votre ministère ainsi que pour tous les prêtres de notre Eglise Catholique, Romaine et Apostolique. »