Le canoniste Eward Peters sur le suicide de Dominique Venner

Dominique Venner

Sous le titre « Suicide dans la cathédrale Notre-Dame », le canoniste américain Edward Peters a fait hier quelques commentaires sur le suicide de l’historien Dominique Venner en la cathédrale Notre-Dame de Paris, un acte tragique mais aussi une profanation gravissime. Il ne s’agit pas de juger un homme qui avait une conviction sans doute cohérente mais surtout très désolée pour ne pas dire désespérée, fort éloignée de la foi catholique et très hostile au christianisme. Les gestes qu’on pose n’ont pas toujours le sens qu’on croit pouvoir leur attribuer. Et je ne vois pas dans celui qu’a posé Dominique Venner un exemple pour la jeunesse, mais tout au contraire une profanation aggravée par un scandale comme le souligne le Catéchisme de l’Église catholique (n. 2282). Le texte de Peters est une réaction à chaud qui manque évidemment de beaucoup d’éléments susceptible de la contextualiser, mais tel qu’il est il montre l’émotion que l’événement à suscité hors de nos frontières et l’attention qu’on y porte à la bataille contre la Loi Taubira . Ce n’est déjà pas si mal.

« Le suicide – quels que soient les problèmes mentaux ou émotionnels qui ont poussé à le commettre, et qui pourraient même en diminuer la nature coupable – est objectivement une action gravement mauvaise ( Catéchisme de l’Église catholique , 2280-2283). Quand il est commis dans un lieu sacré comme une église ou un sanctuaire, le suicide provoque une « violation » de ce lieu et le culte divin (contrairement aux prières personnelles) ne peut pas y être célébré tant que l’endroit n’aura pas été réhabilité conformément au droit canonique et à la loi liturgique ( Code de droit canonique 1983 c. 1211, olim Code de droit canoniqu e 1917 c. 1172 ; voir aussi Code de droit canonique 1983 c. 1376).

Quand Dominique Venner s’est tué d’un coup de pistolet dans la tête à l’intérieur de la cathédrale Notre-Dame de Paris (il semble même que ce fut à l’intérieur du sanctuaire), il a profané cette grande église. S’il est avéré que Venner s’est tué pour protester contre la nouvelle loi française sur le “mariage gay”, alors, et en plus de la condamnation du scandale classique que son geste a commis, on pourra en outre observer que tout ce qu’il a fait c’est de faire passer les opposants au “mariage gay” pour des dingues et de priver, pour un certain temps, les fidèles français d’un lieu de culte particulièrement puissant d’où faire monter vers Dieu les prières pour qu’Il aide à la défense de la sainte et naturelle institution du mariage dans cette nation.

Seul le Malin pourra y trouver son plaisir. »