Ils ont été chercher un vieux prêtre en retraite pour dénoncer les manifs

Prêtre de l’oratoire de France, éducateur pendant 18 ans dans des établissements scolaires de l’Oratoire puis formateur d’enseignants pour les écoles catholiques d’Alsace, l’abbé Gilbert Caffin , ordonné prêtre en 1959, est vicaire de la paroisse Saint-Eustache à Paris. le Nouvel Obs l’a déniché pour qu’il critique l’action de l’Eglise, en lui offrant une tribune dont voici des extraits :

« Après cinquante ans de paix sociale et de dialogue respectueux avec la France laïque et républicaine, ne laissons pas entendre qu’il faut choisir son camp.

Prêtre depuis plus de 50 ans, j’estime de mon devoir de prendre la parole au nom de cette masse silencieuse qui risque de s’éloigner sur la pointe des pieds de l’Église comme, hélas, nous en avons tant vus, déçus par le peu d’enthousiasme de nos communautés à suivre le vent de Pentecôte du Concile Vatican II. Parce que dans une société pluraliste, la loi doit permettre à chaque groupe de citoyens de voir leurs droits légitimes honorés. »

Sic : alors qu’il fait partie de cette génération de prêtres qui a laissé partir les chrétiens des églises, avec le vent de l’après Concile, le voilà qui s’autorise à parler aux noms d’une masse qui ne lui a rien demandé.

Favorable à la loi Taubira, il s’oppose à la doctrine de l’Eglise catholique sur l’homosexualité, la chasteté. Son maître à penser, le voilà :

« Je me réjouis que durant mes études secondaires, en 1945, mes maîtres éducateurs prêtres ont eu le courage d’inviter un disciple du père Teilhard de Chardin qui nous a montré que les théories de l’évolution ne remettaient pas en cause la portée religieuse du texte de la Genèse dans la Bible. Tous n’ont pas eu cette chance, puisque les écrits de Teilhard n’ont pu être édités qu’après sa mort.

Alors, de grâce, ne recommençons pas le procès de Galilée, osons réfléchir calmement aux conséquences du nouveau regard porter sur l’homosexualité. »

Ce prêtre est symbolique d’un monde qui passe. Et trépasse.