Mgr Laurent Le Boulc’h évêque de Coutances
Le Pape François a nommé aujourd’hui Mgr Laurent Le Boulc’h , jusqu’à présent curé de Lannion, évêque de Coutances et Avranches, vacant depuis la nomination de Mgr Lalanne à Pontoise. Aux premières nouvelles, il semble que les fidèles de Lannion soient satisfaits de ce départ… Cela augure mal pour les fidèles du diocèse de Coutances.
Agé de 53 ans, ordonné prêtre le 19 juin 1988 à Saint-Brieuc, Mgr Laurent Le Boulc’h a été vicaire épiscopal chargé de la pastorale des jeunes. Il était depuis 2012 délégué épiscopal auprès de la pastorale de la culture et du tourisme.
Il fut :
- vicaire à la cathédrale de Saint-Brieuc et aumônier des lycéens et étudiants
- vicaire épiscopal, chargé de la Pastorale des Jeunes.
- curé de la paroisse de Lannion, responsable de la zone pastorale de Lannion et membre du conseil épiscopal et prêtre modérateur pour la paroisse de Pleumeur-Bodou.
- secrétaire général du Conseil presbytéral.
Il a fait des études théologiques à l’Institut Catholique de Paris et il est diplômé d’une licence canonique de théologie (1993) à l’Institut Catholique de Paris (Théologie systématique et biblique).
Mgr Moutel , évêque de Saint-Brieuc, a réagit ainsi :
« Le pape François vient de nommer l’abbé Laurent LE BOULC’H évêque de Coutances et Avranches. Je suis heureux de vous faire part de cette nouvelle. Au moment où il reçoit cette nomination qui le fait entrer dans le collège des successeurs des Apôtres, nous assurons Monseigneur LE BOULC’H de notre fidèle amitié et de notre prière pour le ministère qu’il exercera dans la Manche. Nous savons, les uns et les autres, ce que nous devons au père Laurent Le Boulc’h. Il a exercé de nombreuses missions, depuis son ordination presbytérale en 1988. En apportant l’ardeur de sa foi et sa créativité, il a servi notamment la pastorale des jeunes de notre diocèse, la catéchèse et le dialogue avec les artistes.
Membre du Conseil épiscopal et responsable de la zone pastorale de Lannion, Laurent Le Boulc’h était jusqu’ici curé de la paroisse de Lannion et prêtre modérateur pour la paroisse de Pleumeur-Bodou. Je pense aussi à vous qui voyez partir non sans regret votre pasteur ; en vous invitant à entrer joyeusement dans le don de la foi, je vous assure aussi de toute mon attention.
Avant qu’il ne quitte les Côtes d’Armor, nous lui dirons notre reconnaissance et prierons avec lui. Mais déjà je vous invite à prier pour le nouvel évêque de Coutances et Avranches et pour tous ceux qu’il s’apprête à servir. Je le ferai à Lourdes, tous ces jours-ci, avec les pèlerins du diocèse et aussi, dimanche 8 septembre, au Grand Pardon de Notre-Dame de Toute Aide, tout près du pays natal du père Laurent Le Boullc’h. »
Certes, le diocèse de Coutances est en état de délabrement avancé (et la responsabilité en incombe surtout aux clercs qui ont méthodiquement cassé cette chrétienté rurale, encore vivante il y a quelques années) et donc ce n’est pas un cadeau pour Mgr Le Boulc’h. Mgr Lalanne s’y ennuyait et il a été bienheureux d’être déplacé près de Paris.
Néanmoins, il est permis de se poser la question de la capacité du nonce, Mgr Luigi Ventura , à refuser et proposer d’autres candidats que ceux imposés par l’archevêque de Paris. Certains regrettent son prédécesseur, Mgr Baldelli .
Voici le message d’adieu de Mgr Le Boulc’h a ses paroissiens :
« Je me souviens quand j’arrivais chez vous, il y a déjà 8 ans, si heureux en mon cœur de partager votre vie. Je me souviens de la chaleur de votre accueil dans les paroisses de Lannion et de Pleumeur-Bodou. Dès cet instant, je vous ai aimés.
Très tôt, nous avons voulu ensemble nous avancer sur les chemins de l’Evangile, et, pour cela, transformer ce qui était appelé à changer dans nos manières de vivre l’Eglise. C’est ainsi que nous nous sommes engagés avec courage et enthousiasme dans la réforme de la catéchèse, de la formation, de la pastorale des funérailles ou de la pastorale des jeunes. Nous avons œuvré pour mieux servir la liturgie et imaginer des temps de ressourcement conjuguant l’art et la foi. Grâce à nos frères prêtres venus d’Afrique, nous nous sommes ouverts aux peuples du monde. En tout cela, c’est la fraternité et la vitalité de l’Evangile dont nous avons voulu être les témoins. Ces huit années ont passé très vite. Je vous dois ma joie.
Je m’apprêtais à poursuivre cette année avec vous, consolidant ce qui a été entrepris, quand un appel téléphonique de la nonciature à mon retour de vacance m’a bouleversé. Il m’a fallu des jours pour m’en remettre. Le Saint Père, le pape François m’appelait à servir l’Eglise dans le beau et exigeant ministère épiscopal. En dépit de mes faiblesses, celles que vous connaissez et celles que je sais, je ne voyais pas comment je pouvais refuser, moi qui ai toujours fait confiance en l’appel de l’Eglise que je reçois comme un signe de Dieu. Avec beaucoup de craintes et d’humilité, j’ai répondu oui.
Je vous quitte le cœur lourd, lourd de tristesse parce qu’on ne se sépare pas de ses amis sans peine, parce qu’on ne laisse pas une communauté bien aimée sans larmes. Mais, mon coeur est lourd aussi du poids de l’amour de Dieu dont il veut se laisser remplir, et déjà, de la vie de l’Eglise à servir dans le diocèse de Coutances et d’Avranches que j’apprendrais humblement à conduire et servir au nom du Christ Jésus.
Chers paroissiens, chers amis, à vos côtés, j’ai beaucoup appris. Le ministère de curé est souvent aux premières loges quand il s’agit de partager la vie de ses contemporains. C’est un ministère passionnant que de contribuer à façonner une communauté de croyants pour qu’elle soit signe d’Evangile au milieu des hommes.
Je veux vous remercier de m’avoir souvent ouvert les yeux sur la vie des hommes et des femmes d’aujourd’hui. Vous remercier pour la confiance qui vous a animés et que vous m’avez donnée. Au cœur de notre histoire, comme me l’a confié l’une d’entre vous, nous avions cette conviction partagée que la vie de l’Eglise n’est pas d’abord et seulement affaire d’organisations et d’initiatives mais, avant tout, le lieu d’une expérience spirituelle, celle de la présence du Christ Jésus, mort et ressuscité, qui chemine avec nous et nous transmet sa joie.
Pendant ces huit années, des frères prêtres ont œuvré avec moi. Chacun, dans l’originalité de sa personnalité et de son charisme, s’est attaché à porter fraternellement la vie de nos communautés. Je les remercie pour la belle communion dont nous avons été le signe le plus souvent. La fraternité des prêtres fait partie du témoignage de l’Eglise.
Je rends grâce aussi pour le ministère des diacres qui m’ont soutenu dans le signe du service et pour le témoignage spirituel des communautés religieuses de Lannion et de Pleumeur-Bodou dont j’ai pu apprécier la force du charisme pour aujourd’hui.
Je pense encore à tous les collaborateurs laïcs, si nombreux et si actifs, dans des domaines extraordinairement variés. Ensemble, nous sommes la beauté de l’Eglise du Christ. Je ne veux oublier personne tant la présence de chacun et de chacune est significative d’une Eglise Corps du Christ, mais permettez-moi de souligner l’expérience originale et féconde de la collaboration avec les différents coordinateurs laïcs et les EAP qui se sont succédés à Pleumeur-Bodou ou Lannion, que j’ai eu joie d’accompagner.
Je remercie sincèrement tous ceux et celles qu’il m’a été donné de croiser dans la terre si attachante du Trégor. Ils ne sont pas tous nécessairement membres de l’Eglise, mais ils prennent une part active dans la construction du monde. Je pense notamment aux responsables politiques, associatifs, culturels, économiques et sociaux. Il nous est arrivé de nous tenir côte à côte à l’occasion d’événements heureux, mais aussi parfois, d’événements graves qui nous ont marqués. J’espère avoir pu témoigner de mon désir de favoriser la collaboration avec tous dans le respect des prérogatives de chacun.
Les mois qui viennent vont peut-être paraître difficiles. La soudaineté de l’appel entraîne des turbulences. Je pense en particulier à mes frères prêtres Edgard et Guillaume et Yann, à ceux et celles qui s’apprêtent à démarrer leur mission, qui vont connaître une période d’incertitudes. J’ai conscience que leur travail à tous risque de s’en trouver, au moins au démarrage, plus lourd et compliqué. Gardons confiance, et ne doutons pas que Mgr Denis Moutel avec son équipe épiscopale voudra donner un nouveau pasteur à nos paroisses. Cette nouvelle étape demande que tous se montrent solidaires. Par-dessus tout, j’aimerais que mon départ du Trégor ne provoque ni découragements, ni démissions, mais, au contraire, qu’il soit comme un levier pour stimuler chacun et chacune dans la part de l’œuvre évangélique qu’il doit accomplir au service de tous.
Mes pensées se tournent aussi vers le diocèse de Saint Brieuc et Tréguier, dans la communion de l’évêque et des prêtres, que j’ai tant aimé servir. Je prie Dieu pour qu’il continue d’insuffler en lui le souffle de l’Esprit. Que le dynamisme de la foi ne cesse de s’exprimer en lui. La vie qui désormais vous attend et m’attend, nous la confions dans la prière au Père de Jésus. Que son Esprit d’amour et de paix abonde en nos cœurs. Que Saint Yves soit notre compagnon et que Marie nous accompagne dans sa bienveillante tendresse sur nos chemins bretons ou normands.
Kénavo ! »
