Mgr Dubost favorable à un jour férié pour Kippour et l’Aïd

Suite au souhait de Dounia Bouzar , membre l’Observatoire de la laïcité, de remplacer deux fêtes chrétiennes par Yom Kippour et l’Aïd, une pétition rassemblant déjà 25 000 signatures ( que vous pouvez signer ici ) a été lancée pour demander au Premier ministre de ne pas la suivre dans cette voie.

J’attendais qu’un évêque monte au créneau sur ce sujet pour en parler mais, comme soeur Anne, je ne vois rien venir… Et si j’en parle aujourd’hui, c’est parce qu’un évêque s’est exprimé. Mais pas vraiment dans le sens de la défense des racines chrétiens de la France. Interrogé dans La Croix , Mgr Michel Dubost , évêque d’Evry, estime normal qu’il y ait un jour férié en plus pour les juifs et les musulmans (mais rien pour les bouddhistes ou les hindouistes, ni pour les adorateurs de l’oignon, quelle discrimination !). Néanmoins il estime que le gouvernement ne doit pas supprimer de fête chrétienne :

« Même si certains peuvent le nier, la communauté française a des racines chrétiennes. Bien évidemment, elle n’a pas uniquement des racines chrétiennes, mais son histoire, sa géographie, sa culture sont façonnées par la communauté chrétienne et il est important de ne pas négliger cette partie de la vie française. Quelqu’un qui n’accepte pas ses racines ne parviendra jamais à assimiler d’autres personnes. On s’est beaucoup moqué de ceux qui, sous la Troisième République, parlaient de nos ancêtres les Gaulois, mais être français, c’est accepter cette ascendance et cette histoire. Certes, les juifs, les musulmans, les rationalistes et les agnostiques ont une importance considérable dans notre culture, mais on ne peut nier que nous avons été façonnés par l’histoire chrétienne. On ne peut mettre à égalité, à cause de cette histoire, de notre langue, de notre culture, les différentes confessions religieuses, sur le plan culturel justement.

Mais n’ont-ils pas droit, pour Kippour ou pour l’Aïd, à un jour férié ?

Sur le plan de la dignité, en revanche, il est évident que tous ont les mêmes droits. Aussi, pour Kippour ou pour l’Aïd, faut-il un jour férié ? Je suis plutôt favorable, mais non pour que cela supprime quelque chose au calendrier général. Car, si on le fait, cela suscitera des réactions très fortes. Au lieu de favoriser l’entente, on provoquera des dissensions. Il me semble évident et normal que chacun demande à être respecté dans sa dignité. Mais je ne suis pas sûr que supprimer des fêtes aux catholiques soit une vraie manière de respecter la dignité des uns et des autres et de permettre à chacun de vivre sa foi.

Sur les jours fériés, une réflexion pourrait s’engager par exemple sur le 8-Mai : petit à petit, la tradition est en train de se perdre ; ne faudrait-il pas conserver le 11-Novembre comme un Memorial Day ? Enlever à l’un ce que l’on donne à l’autre conduira à ce que tous deviennent hostiles les uns aux autres. Et l’Aïd et Kippour apportent à notre société des choses très importantes. L’Aïd rappelle le sacrifice d’Abraham, c’est une fête de la foi ; et Kippour est une fête pénitentielle. Sur le plan de l’enseignement, il est très intéressant pour toute la société française d’entendre ces appels fondamentaux. »

Il faut répéter sans cesse que pour les musulmans, Abraham est un musulman qui agit en musulman, qui obéit à Allah parce que l’on doit toujours obéir à Allah, même si ce qu’il commande est absurde. Ainsi va-t-il sacrifier son fils Ismaël, mais au dernier moment Allah lui permet de racheter la vie de son fils en immolant un animal. Dans la Bible il ne s’agit évidemment pas d’Ismaël, mais d’Isaac. L’épisode ne parle pas d’un commandement aberrant de Dieu, ni de la « soumission » d’Abraham, mais de la foi d’Abraham, de sa totale confiance en Dieu. Constatant cette foi qu’il a mise à l’épreuve en demandant à Abraham de sacrifier son « fils unique », Dieu sauve Isaac et un bélier le remplacera pour le sacrifice. Le fils demandait à son père : « Où trouverons-nous un agneau pour l’holocauste? » Abraham avait répondu : « Dieu y pourvoira. » Cet épisode ne se comprend que dans une optique chrétienne : le fils unique est le Christ, il se sacrifiera lui-même pour le salut de l’humanité, car il est l’Agneau de Dieu. Et ce sacrifice est unique comme le fils est unique. Il ne sert à rien de répandre le sang des moutons