Henri Tincq se fait l’interprète du Pape François

Le journaliste progressiste Henri Tincq , ancien séminariste qui est resté toujours en conflit avec l’Eglise, est intervenu lors d’un colloque organisé par le diocèse d’Evreux Mgr Nourrichard , évêque depuis 7 ans déjà, a organisé un synode , au cours duquel Henri Tincq est venu interpréter la politique du Pape François, alors même qu’à Rome, les cardinaux sont incapables de dire, aujourd’hui, ce que veut faire le nouveau pape. Ceci pour dire que, comme dans la période post-conciliaire, Henri Tincq fait partie de ces journalistes qui viennent fausser le message de Rome en prenant leurs désirs pour des réalités.

Dans cette conférence, Henri Tincq s’en prend ainsi à toutes les forces vives de l’Eglise, qu’il accuse de vivre dans le passé, en surinterprétant un propos du pape François. Au passage, il encense Mgr Dagens et fustige La Manif Pour Tous. Ce type vit à une autre époque. Il n’a pas encore compris que c’est lui qui vit dans le passé :

« On ne peut ignorer l’existence de ce courant conservateur, marqué par une vision désenchanté et critique du monde et de la modernité. Une modernité qui fait peur, qui insécurise, une modernité où les points de repère chrétiens, touchant à l’éducation, à la valeur du travail, à la vie familiale, à la sexualité ont disparu ou se sont estompés. Ce courant veut opposer à un monde sécularisé une Eglise qui fait bloc, qui se nourrit de ses certitudes, qui proclame de manière explicite son message, qui s’appuie sur sa tradition, sa discipline, son dogme, son magistère romain, sur le retour à des formes anciennes de piété, de rites, de dévotion. On retrouvera dans ce courant les tenants d’un traditionalisme qui a rejeté Vatican II et s’est isolé, mais aussi certains groupes et quelques communautés nouvelles qui incarnent cette volonté de réaffirmation de l’identité catholique, dans la liturgie, dans les habitudes de dévotion, dans les modes d’évangélisation. Le pape François veut rompre avec la mentalité de citadelle assiégée qu’on rencontre parfois, avec la lecture exclusivement critique du monde moderne. Il dit dans son entretien du 19 septembre aux revues jésuites :

« La tentation existe de chercher Dieu dans le passé. Mais le Dieu concret est aujourd’hui. C’est pourquoi les lamentations ne nous aideront jamais à trouver Dieu. Les lamentations qui dénoncent un monde moderne barbare finissent par faire naître à l’intérieur de l’Eglise des désirs d’ordre, entendus comme pure conservation ou réaction de défense ».

Fin de citation. Une Eglise ouverte sur l’avenir donc. Ce pape rompt avec l’intransigeantisme qui traverse l’Eglise depuis le 19ème siècle, qui a perduré au delà du concile Vatican II, et qu’on vient de retrouver – Mgr Dagens s’en est inquiété publiquement dans une tribune de La Croix et il y a un excellent article sur ce sujet dans le dernier numéro de la revue Etudes -, intransigeantisme qu’on vient de retrouver donc dans certaines manifestations extrémistes contre le mariage pour tous. Ecoutons encore le pape François :

« Si le chrétien est légaliste ou cherche la restauration, s’il veut que tout soit clair et sûr, alors il ne trouvera rien. La tradition et la mémoire du passé doivent nous aider à avoir le courage d’ouvrir de nouveaux espaces à Dieu. Celui qui aujourd’hui ne cherche que des solutions disciplinaires, qui tend de manière exagérée à la sûreté doctrinale, qui cherche obstinément à récupérer le passé perdu, celui-là a une vision statique des choses, non évolutive. De cette manière, la foi devient une idéologie». »