Plus de 3000 religieux abandonnent chaque année la vie consacrée
C’est le chiffre fourni le 29 octobre parle père José Rodriguez Carballo , secrétaire de la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique. Les autorisations d’abandons (qui revêtent différentes formes : décrets de démissions, dispenses d’obligations sacerdotales, etc.) sont délivrées par 3 dicastères différents. En additionnant le nombre d’abandons enregistrés pendant 5 années consécutives (2008-2012), on peut calculer une moyenne d’environ 3000 par an. Et le prélat précise que ni « les membres des sociétés de vie apostolique qui ont abandonné leur consécration, ni ceux en vœux temporaires » n’ont été pris en compte.
Parmi les raisons de ces désaffections, le secrétaire de la Congrégation relève d’abord de l’
« absence de la vie spirituelle – prière personnelle, prière communautaire, vie sacramentelle – qui conduit, bien souvent, à compter exclusivement sur les activités de l’apostolat, pour pouvoir ainsi continuer ou pour trouver des subterfuges. Très souvent ce manque de vie spirituelle débouche sur une profonde crise de la foi ».
La « perte du sens de l’appartenance à la communauté, à l’institution, et dans certains cas à l’Église elle-même » est la deuxième cause. Elle se manifeste
« dans la critique systématique des membres de sa propre communauté ou de son institution, en particulier de l’autorité, qui produit une grande insatisfaction; dans la participation insuffisante aux moments communautaires ou aux initiatives de la communauté, à cause d’un manque d’équilibre entre les exigences de la vie communautaires et les exigences de l’individu et de l’apostolat qui se déroule ».
Les problèmes affectifs sont nombreux, pouvant aller
« du fait de tomber amoureux, qui se conclut par le mariage, à la violation du vœu de chasteté, soit par des actes répétés d’homosexualité […], soit par des relations hétérosexuelles, plus ou moins fréquentes. Parfois les problèmes affectifs ont une répercussion claire sur la vie fraternelle en communauté […], en provocant des conflits continuels qui finissent par rendre la communauté invivable ».
La culture, ou anti-culture, du zapping serait une autre tendance qui pousserait les jeunes à abandonner la vie consacrée. Un zapping, qui signifie « ne pas tenir ses engagements à long-terme, passer d’une expérience à l’autre, sans faire aucune expérience qui marque la vie » . La dernière teinte venant assombrir ce tableau de la société actuelle, c’est celle de « la domination du néo-individualisme et de la culture de la suggestivité » . Le prélat espagnol explique que « l’individu est la mesure de tout et tout est vu, mesuré et évalué en fonction de soi-même et de l’autoréalisation » .
Dans cette présentation, il manque une pondération de ces chiffres, à la fois par pays (que représentent les abandons dans l’Europe de l’Ouest, déjà marquée par une grave crise des vocations) et par ordre (les communautés les plus touchées sont-elles les communautés nouvelles, qui recherchent une stabilité, ou les communautés plus anciennes, devenues trop exigeantes pour des jeunes nés dans la post-modernité ?).
